Gale, scorbut, choléra : des maladies du Moyen Âge de retour en France

Depuis quelques temps, de vieilles maladies qui semblaient appartenir au passé comme la gale, le scorbut ou encore le choléra font de nouveaux malades en France. Pour quelles raisons ?

10% de cas de gale en plus par rapport à 2002

Notons que la gale n'a jamais complètement disparu, même si son nom évoque une maladie ancienne. Elle s'attrape par un acarien bien souvent par les vêtements ou la literie. Bénigne, elle reste très contagieuse et le diagnostic met souvent beaucoup de temps avant d'être traité. Les manifestations de la gale sont des démangeaisons ainsi que des lésions cutanées. En septembre 2018, on recense près de 350 cas avérés de gale en France pour 100 000 habitants. Ce qui équivaut à une hausse de 10% des cas depuis 2002.

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Le retour d'une maladie inattendue : le scorbut

Le scorbut est également appelée "la maladie des marins". Partant en expédition pendant des mois, les marins en souffraient, la carence en vitamine C en étant la cause. En 2015, 10 cas ont été recensés en France. Ce qui amène à dire que les personnes souffrant de scorbut aujourd'hui en France sont les plus précaires, ne s'alimentant pas correctement, oubliant fruits et légumes frais, certainement au profit de plats préparés.

La rougeole est de retour depuis 2017

Jusqu'à 2016, les cas de rougeole baissaient chaque année. Mais depuis fin 2017, cette tendance s'inverse. La rougeole est revenue dans divers territoires Français comme par exemple la Nouvelle-Aquitaine (près de 2800 cas).

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Un manque de vaccination serait le responsable de la recrudescence de la rougeole.

Depuis le 1er janvier 2018, les bébés doivent obligatoirement être vaccinés afin de pouvoir avoir une place en crèche.

La gale, le scorbut et la rougeole ne sont pas les seules "vieilles" maladies qui réapparaissent. La tuberculose regagne également du terrain. Le choléra également, pas en France pour le moment, mais nous avons pu voir qu'une épidémie est en cours en Algérie. Il en est de même pour la peste qui sévit à Madagascar.

L'émergence du choléra : une menace sanitaire actuelle

L'émergence du choléra constitue une préoccupation majeure dans le domaine de la santé publique à l'échelle mondiale. Cette maladie infectieuse, causée par la bactérie Vibrio cholerae, représente une menace sanitaire actuelle qui ne cesse d'inquiéter les experts.

Le choléra se propage principalement via l'eau contaminée et les aliments insuffisamment cuits. Il est souvent associé aux zones où l'approvisionnement en eau potable est limité et les conditions sanitaires sont précaires. Il faut souligner que personne n'est à l'abri de cette redoutable infection.

Malgré les avancées médicales et sanitaires réalisées ces dernières décennies, le choléra demeure un fléau persistant dans certains pays en développement. Les épidémies récurrentes font des milliers de victimes chaque année et mettent en péril la vie quotidienne des populations touchées.

La rapidité avec laquelle le Vibrio cholerae se multiplie rend difficile son contrôle efficace dans les régions où il sévit. Sa transmission rapide facilite sa propagation au-delà des frontières nationales, faisant craindre une expansion géographique incontrôlée.

Face à cette menace grandissante, plusieurs mesures ont été mises en place pour contenir la diffusion du choléra. Des campagnes de sensibilisation et d'éducation sur l'importance de l'hygiène sont menées, des programmes d'accès à l'eau potable sont développés, et des traitements médicaux sont disponibles pour les personnes infectées. Cependant, il est essentiel de continuer à investir dans la recherche et la prévention afin de lutter efficacement contre cette maladie mortelle.

Les facteurs favorisant le retour de ces maladies médiévales

Les maladies du Moyen Âge, autrefois considérées comme disparues ou sous contrôle, font aujourd'hui un retour inquiétant. Plusieurs facteurs contribuent à cette résurgence préoccupante.

Le premier facteur est l'augmentation des échanges internationaux. En raison de la mondialisation croissante, les voyages sont devenus fréquents et rapides. Les personnes infectées peuvent ainsi se déplacer rapidement d'une région à une autre, propageant ainsi les maladies avec elles. Le commerce international facilite l'introduction de produits alimentaires et médicaux potentiellement contaminés dans différents pays.

Un autre facteur important est la vulnérabilité des systèmes de santé. Dans certains pays en développement ou affectés par des conflits, les infrastructures sanitaires sont insuffisantes pour faire face efficacement aux épidémies. Le manque d'accès aux soins médicaux adéquats et aux vaccins peut favoriser la propagation rapide des maladies médiévales.

Certaines populations marginalisées sont particulièrement exposées à ces maladies du passé. Les sans-abri, les migrants vivant dans des logements insalubres et surpeuplés et les individus souffrant de pauvreté extrême ont moins accès à l'hygiène élémentaire et aux soins médicaux nécessaires pour prévenir ces infections.

Certaines attitudes néfastes contribuent aussi au retour de ces pathologies anciennes. La défiance grandissante envers certains traitements médicaux tels que la vaccination a conduit à une baisse de la couverture vaccinale dans certains pays. Cela favorise la réapparition de maladies évitables par la vaccination comme le choléra, la rougeole ou encore le scorbut.

Les changements climatiques peuvent jouer un rôle non négligeable. Ces modifications environnementales affectent les écosystèmes et peuvent entraîner une augmentation des vecteurs responsables de ces maladies médiévales, tels que les rats pour la peste ou les moustiques pour le paludisme.

Face à cette situation inquiétante, il faut prendre des mesures d'hygiène et respecter les traitements médicaux recommandés.

Le retour des maladies du Moyen Âge constitue un rappel alarmant que notre combat contre ces infections n'est jamais gagné définitivement. Il est impératif d'allier nos connaissances scientifiques avancées avec des politiques publiques efficaces afin de protéger nos sociétés modernes.